l
L’hybridation…. en photos
c’est ça !!!!

Petite anecdote avant de
commencer ce dossier…
...2002, à La Vallée des
Dieux, notre belle Shelby
s’éprend de Spoky le poilu et
très vite nos deux tourtereaux
s’accouplent à notre insu.
S’en suivra quelques semaines
plus tard une heureuse mise
bas qu’on ne pouvait, à
l’époque, que qualifier
d’inconcevable erreur de la
nature. Etions-nous malgré
nous en avance sur notre
temps ?
Très certainement… Ah si nous
pouvions revenir en arrière en
connaissant tout ce que nous
savons aujourd’hui !!!
Pour la petite histoire, leurs 4
chatons, Bijou, Cherry, Déesse
et Red Bull sont en pleine santé
tout comme le papa Spoky.
Malheureusement, ces 4
mousquetaires ont été placés
dans leur famille,
stérilisés...quel dommage
finalement.


Red Bull à 7 ans avec sa maman
adoptive, Murielle

L'hybridation, une question
d’éthique…
Pas
facile de poser ici les enjeux
de l’hybridation chez le
Sphynx car quoiqu’on en pense
et qu’on en dise, nos
actes d’éleveurs auront
forcément des conséquences
directes sur la nature même de
notre cher nudiste.
Alors
que beaucoup d’élevages s’y
sont déjà engouffrés, voir
précipités en brandissant
l’étendard de l’élargissement
du pool génétique de la race,
nous avons délibérément choisi
de laisser partir la cavalerie
loin devant.
Pourquoi ? Parce que
l’hybridation reste à notre
sens et à sa base un problème
d’éthique.
Mieux
valait alors nous donner le
temps de la réflexion afin
d’établir correctement les
critères de notre future
programme pour pouvoir ensuite
agir librement en pratique et
en conscience, dans le respect
le plus absolu de la race, des
autres éleveurs et bien sûr de
nous-mêmes.
A cela,
deux raisons essentielles. La
première est que le Sphynx
n’appartient pas à la seule
Vallée Des Dieux mais bien au
patrimoine des races félines
et que ce que nous
« sortirons » de notre
programme d’hybridation aura
forcément des répercutions
directes, à moindre mesure
tout de même, sur le pool
génétique de la race en
général. Evitons alors de
jouer les apprentis sorciers
pour le seul plaisir
d’endosser ce rôle.
La
seconde raison est que nous
nous interdisons d’anéantir à
court terme ce pourquoi nous
nous sommes battus pendant si
longtemps, faire admettre à
nos détracteurs que la nature
première du Sphynx est bel et
bien issue d’une mutation
naturelle. N’allons donc pas
nous offrir le luxe de
s’entendre dire un beau matin
que notre race tant chérie est
aujourd’hui dénaturée par de
l’hybridation intensive de
surcroît mal pensée, mal
maîtrisée mais surtout mal
orientée.
L’objectif primordial et
prioritaire d’un programme
d’hybridation doit servir à
consolider la santé ou encore
le standard morphologique de
la race avant même d’apporter
à celle-ci de nouvelles
couleurs, des yeux vairons ou
impairs même si ces derniers
aspects peuvent aussi nous
séduire bien évidemment. Un
œil bleu et autre vert, une
robe cinnamon ou lilac pourquoi pas
mais seulement avec un cœur
sain, dans le respect d’un
beau standard et sans apporter
de nouvelles maladies au
Sphynx.
L’hybridation, pourquoi y
recourir…
De part
son histoire
« Origines
du Sphynx », nos Lutins
malins ne peuvent
malheureusement pas se vanter
de posséder un Pool Génétique
très large car les fondements
même de la race n’ont pu se
faire finalement qu’avec
quelques lignées de chats nus
issus, ci-et-là, de mutations
naturelles.
Dans les années qui ont suivi
1966, il a donc fallu trouver
le moyen de fixer durablement
le standard de la race tout en
s’efforçant d’en limiter le
taux de consanguinité. Ainsi,
les éleveurs de l’époque ont
élargi une première fois ce
Pool Génétique en incluant
dans leur programme d’élevage
le Rex Cornish ou encore le
Rex Devon afin d’apporter ce
nouveau sang indispensable à
la survie du Sphynx.
De nos
jours, notre très gentil E.T.
tel que vous le connaissez
peut se réjouir d’appartenir
au grand Livre Officiel des
Origines Félines par exemple
et en ce sens, c’est une
magnifique réussite pour
l’ensemble des éleveurs qui
ont œuvré à faire du Sphynx
Canadien un chat de race à
part entière.
Seulement, dans de belles
aventures comme celle-ci il y
a toujours un « oui…mais » et
effectivement avec le recul
dont nous disposons
aujourd’hui on ne peut que
constater que le « cheptel »
de la race n’est pas aussi
parfait qu’on le souhaiterait.
Et la
faute à qui ? Principalement à
cette sacrée fichue maladie de
CMH, oui encore et toujours
elle !
A
l’heure où nous commençons à
croiser nos bases de données
CMH avec plusieurs autres
pays, nous pouvons maintenant
envisager le fait qu’aucune
lignée de par le monde ne
serait finalement épargnée par
cette maladie. Tout juste
peut-on avancer, à mieux y
regarder, que certaines
d’entre elles sont moins
touchées que d’autres et ce,
grâce certainement à l’effort
de sélection des éleveurs
fortement mobilisés contre
cette maladie.
Or, si
nous souhaitons pouvoir
remédier dans le temps à cet
état de fait et puisque toutes
les lignées sphynxiènes
seraient plus ou moins
touchées par la CMH, nous
devons envisager d’autres
alternatives et l’une d’entre
elles est de recourir, à
présent, à l’hybridation.
Sinon,
dites-nous comment poursuivre
notre combat contre cette
maladie en n’ayant finalement
pas d’autres choix, en l’état
actuel, que de travailler avec
des lignées inévitablement
touchées à leur origine ?
Pire,
pensez-vous que l’on pourra
éternellement se contenter
d’attendre, dans les meilleurs
des cas, grâce à un effort
rigoureux de sélection, que
cette maladie repointe le bout
de son nez dans les lignées 3
à 4 générations plus tard ?
Difficile de l’accepter, non ?
Ce
travail de sélection, nous le
menons depuis plusieurs années
maintenant. Forts de cela et
des déconvenues subies, nous
ne pouvons tirer de cette
éprouvante aventure qu’un seul
constat :
- soit
il faut être fataliste et
accepter que cette maladie
rentre dans le standard du
Sphynx à moindre mesure,
entendons par là que nous
devrons poursuivre notre
travail de sélection pour ne
"sortir" qu'une CMH à
évolution tardive et lente, et
oui !
- soit
on saisi l’opportunité de
pouvoir recourir à
l’hybridation pour diluer,
voir éradiquer cette CMH.
Nous, la
VDD, avons fait le choix,
puisque l’occasion nous est
donnée, de recourir dorénavant
et en partie à l’hybridation
en espérant ainsi apporter à
la race ce cœur fort qui lui
fait parfois défaut.
Et tout
ceci se fera, nous nous y
engageons, dans la continuité
de notre politique de
dépistage systématique comme
nous l’avons toujours fait dès
lors que nous avons découvert
cette sacrée fichue maladie de
CMH.
L’hybridation, du "F" au
Sphynx avec pedigree...
Marions
un Domestic Shorthair
«Fondateur » par exemple à un
Sphynx.
Sachant que le gène du chat
poilu est dominant sur le nu,
les chatons issus de ce
mariage, appelés
hybrides
F1,
seront tous poilus car tous
porteurs d’un gène de papa et
de maman, donc un gène nu
(récessif) et un gène poilu
(dominant).
Tous ces petits poilus, seront
porteurs du gène récessif
Sphynx ! C’est génétique !
Le
mariage de cet hybride F1
toujours avec un Sphynx
donnera naissance à de petits
hybrides F2
avec théoriquement 50% de
chatons nus. Les petits poilus
de la portée seront également
porteurs du gène de la nudité
du sphynx.
Cet
hybride F2 (un nu !) marié à
un Sphynx donnera alors
naissance à des petits
hybrides
F3
tous nus, ce qui ne sera pas
le cas si on utilise pour ce
mariage un hybride F2 poilu,
dans ce dernier cas, on aurait
à nouveau 50% de nus.
Un
dernier mariage de cet hybride
F3 (nu !) avec un Sphynx
donnera naissance à de petits
hybrides F4…
de vrais Sphynx pouvant
obtenir alors le pédigree de
la race.


L’hybridation, avec quelles
autres races ? ...
En amont
d’un plan d’hybridation et
avant même d’envisager un
quelconque mariage, il nous
parait très important de
réunir un certain nombre de
paramètres, qui combinés entre
eux, nous permettrons d’en
maitriser les objectifs tout
en limitant les risques
notamment au niveau de la
santé générale, des risques
CMH et ce, sans sortir des
fondamentaux du standard du
Sphynx, quel challenge et
quelles responsabilités
endossons-nous là !
Ah,
passion quand tu nous tiens…à
moins que ça ne soit de la
folie ou bien encore de
l’inconscience ou tout à la
fois, nous vous laissons seuls
juges ! Pourtant notre réelle
motivation reste bel et bien
et comme à nos débuts
l’amélioration de la race.
Pour en
revenir à ces paramètres, nous
pensons en détenir en partie
quelques uns aujourd’hui. En
effet, nos années d'expérience
nous offrent un
certain recul sur nos lignées
tant au niveau du standard, de
la santé que des risques CMH
encourus.
De plus,
en un peu plus de 10 ans, nous
avons su aussi nous
constituer, non sans mal, une
base solide et diversifiée.
Nous disposons à cet effet
d’assez de lignées de sphynx
pour travailler l’hybridation
sans consanguinité.
Côté mâles, nous en possédons
4 de 4 lignées totalement
différentes (Américaine,
Canadienne, Russe et
Européenne).
Côté femelles, nous possédons
également plusieurs lignées
anciennes comme plus récentes
qui nous offrent un choix
varié non négligeable.
Mais il
ne suffit pas de disposer de
cette base sphynxiène, il faut
aussi s’assurer de trouver LE
chat poilu « fondateur »,
seconde base du programme afin
de sortir son premier hybride
F1 (toute première descendance
issue d’un mariage entre un
Sphynx et un poilu).
Pour
cela, nous avons le choix.
Certains clubs autorisent
l’utilisation de l’American
Shorthair (ASH), du Bleu
Russe, du chat de gouttière
dit Domestic Shorthair (DSH)
ou encore du Rex Devon
(accepté par la TICA) mais que
nous excluons de notre
programme car le Rex Devon a
malheureusement déjà trop été
utilisé à ses origines et a
donc apporté ses propres «
tares » à la race.
Pour
notre part, nous attendons
avec beaucoup d’impatience
l’arrivée de notre American
Shorthair en 2010, race très
intéressante car son type
reste fort proche du Sphynx
(morphologie assez cobby, nez
très stoppé et court, tête
bien large, tant de qualités
recherchées chez le Sphynx).
Le
Domestic Shorthair reste aussi
intéressant car ce dernier
possède une morphologie qui se
rapproche également de celle
du Sphynx puisque n’oublions
pas que notre race est issue
d’une mutation naturelle de
chats de gouttière. Seulement
voilà, trouver LE Domestic
Shortair pouvant apporter
assez de garanties sur sa
santé et celle de ses
ascendants reste relativement
illusoire. Cependant, nous
n’abandonnerons pas cette
piste et resterons attentifs
et opportunistes à l’avenir,
sait-on jamais !
Pour
finir sur les DSH, des
alternatives restent
envisageables en acquérant par
exemple un sujet F1 ou F2.
Aussi il convient dans ce cas
de rester très très très (voir
très et encore très) vigilant
sur le chat introduit (tests
sur sa santé générale,
notamment Fiv/Felv , examen de
son cœur…) que sur les
origines du sphynx accouplé au
Fondateur. Si ces premières
précautions sont remplies et
qu’on se laisse le temps de
surveiller pendant plusieurs
mois son évolution, cette
solution reste alors très
séduisante.
Aussi
séduisante que notre petite
hybride F2 « Voila Christine’s
Schatje Van Anubis ».
Schatje
vie avec nous depuis bientôt
deux ans, elle est issue de
parents négatifs et grands
parents négatifs CMH. Testée
Fiv/Felv dès son arrivée à la
maison, son examen du cœur
était négatif ce jeudi 2
juillet 2009… c’est un bon
départ. Elle sera testée une
nouvelle fois au printemps 2010 pour
vérifier ses premières valeurs
pourtant fort basses. Mais on
n’est jamais trop prudent
surtout dans un programme
d’hybridation.
Nous
avons vraiment hâte de pouvoir
choyer des belles petites
boules de poils !

Notre premier petit hybride F3
est né en mai, son petit nom
est "Bouba".
Ce petit gamin est le fils de
Schatje et Emre, c'est un
amour.
Fils unique, il restera bien
entendu à la maison, il a tant
été attendu ce petit bonhomme.


Page mise en ligne
le 11 novembre 2009